Canal+ victorieux mais piégé par son argument anti-piratage
Canal+ a remporté une victoire judiciaire contre Google et Cisco en exigeant le blocage DNS de sites pirates, mais son argument technique sur les risques du blocage IP pourrait compromettre ses futures stratégies anti-piratage, selon la Cour d'appel de Paris.
« « Les sociétés Canal + font valoir que […] le blocage DNS demeure, à ce jour, la mesure techniquement et juridiquement la plus appropriée permettant d’éviter autant que possible les dommages collatéraux et donc un sur-blocage, ainsi que la plus adaptée, compte tenu du mode opératoire des sites pirates. » » — Numerama
Que faut-il retenir ?
- Canal+ a exigé que Google et Cisco bloquent des sites pirates via DNS pour protéger les droits de diffusion de la Premier League et de la Ligue des Champions.
- Google et Cisco ont argué que modifier leur architecture DNS pour une injonction française était disproportionné.
- Canal+ a soutenu que le blocage IP risquait un sur-blocage en raison de l'hébergement virtuel partagé.
- La Cour d'appel de Paris a rendu deux arrêts le 13 mai 2026, validant la position de Canal+.
Pourquoi cette nouvelle compte-t-elle ?
Cet article illustre les défis techniques et juridiques des mesures anti-piratage, notamment les conflits entre blocage DNS et IP. Il montre comment les arguments utilisés dans un contexte judiciaire peuvent avoir des répercussions sur les stratégies futures des entreprises. Les professionnels de la cybersécurité et du droit numérique doivent comprendre ces enjeux pour anticiper les évolutions réglementaires.
💬 Claire Braikeh, Journaliste pour Numerama
Public concerné : entreprises
Pourquoi le blocage DNS est-il privilégié par Canal+ face au blocage IP ?
Canal+ argue que le blocage DNS évite le sur-blocage, contrairement au blocage IP où plusieurs sites partagent une même adresse, risquant de censurer des contenus légitimes. Cet argument a convaincu la Cour d'appel de Paris.